Le VIEUX PARIS et ses ENSEIGNES

Sous l’Ancien Régime, les enseignes sont omniprésentes dans la capitale, servant de points de repère pour les Parisiens.

Elles apparaissent durant le Moyen-Âge central, et sont au départ des blasons ou statues indiquant les demeures de notables. Par la suite les auberges se mettent à suspendre un bouchon de paille à leur porte afin d’indiquer au voyageur les lieux où il peut dîner et dormir (d’où la métonymie de “bouchon” encore d’usage pour ce type d’établissement).

Ainsi au XVe siècle presque chaque maison et auberge a son enseigne, telle son numéro de rue de nos jours ; d’ailleurs, il était commun de nommer une rue selon l’enseigne notoire qui s’y trouvait, et certains noms ont perduré alors même que l’enseigne a disparu depuis longtemps.

Petit à petit ce sont ensuite les commerces qui vont s’accaparer ce procédé et rivaliser d’originalité : plaques de tôle ouvragées et suspendues à une potence de fer, sculptures incrustées dans le mur, statues, mosaïques, etc. Et au XVIIe siècle tous les commerces ont la leur, imprégnant alors les rues de Paris de l’époque d’un pittoresque unique. Cependant, la plupart étant dangereuses et bruyantes car agitées par le vent et rajoutant de l’ombre dans des rues déjà trop obscures, la majorité des enseignes sont supprimées peu avant la Révolution.

Heureusement, un certain nombre d’entre elles ont été conservées, tandis que d’autres ont été plus récemment réalisées, ainsi en explorant attentivement le Vieux Paris on peut encore en dénicher quelques unes intéressantes, assez variées pour se faire une idée de la diversité des enseignes de l’époque pré-révolutionnaire.

Cet article a seulement pour but de répertorier les enseignes remarquables, qui seront ajoutées au fur et à mesure et classées par arrondissement.

L’Escargot Montorgueil (1er arrondissement)

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L’Escargot Montorgueil, restaurant emblématique de la rue Montorgueil (© Histoire Parisienne)

Dans la très commerçante et luxueuse rue Montorgueil, dans la partie 1er arrondissement on ne peut pas ne pas remarquer l’enseigne du restaurant l’Escargot Montorgueil, imposante sculpture du gastéropode très en vogue à l’époque de l’ouverture de l’établissement en 1832.

Stohrer (2e arrondissement)

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Stohrer, plus ancienne pâtisserie de la capitale au 51 rue Montorgueil (© Histoire Parisienne)

Stohrer est la plus ancienne – et l’une des plus renommées – pâtisserie de Paris ! Elle a été fondée en 1730 par Nicolas Stohrer, pâtissier d’origine alsacienne au service du roi de Pologne, venu en France accompagner sa fille Marie Leszczyńska, princesse polonaise devenue reine de France en épousant Louis XV.

La boutique a depuis été embellie – notamment par le peintre Paul Baudry sous le Second Empire – et fait également traiteur ; si vous y allez, vous pouvez en profiter pour tester le baba au rhum dont Stohrer est l’inventeur.

La boucherie chevaline rue Vieille-du-Temple (4e arrondissement)

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Enseigne conservée d’une boucherie chevaline disparue, à l’angle des rues Vieille-du-Temple et du Roi-de-Sicile (© Histoire Parisienne)

Cette boutique se pare non pas d’une tôle ouvragée ou statue mais d’une remarquable mosaïque : celle d’une boucherie chevaline, qu’on a heureusement conservée alors que la boutique a fermé depuis longtemps. Elle est un des derniers témoins d’une époque – de 1866 à la première moitié du XXe siècle – où la consommation de viande de cheval était très populaire et répandue dans Paris !

Au Port (du) Salut (5e arrondissement)

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Au Port (du) Salut, à l’angle des rues Saint-Jacques et des Fossés-Saint-Jacques (© Histoire Parisienne)

Cette auberge fondée au XVIIIe siècle a succédé à un établissement beaucoup plus ancien, fréquenté par le célèbre poète du XVe François Villon. Durant la seconde partie du XXe siècle ce fut un célèbre cabaret où de nombreux chanteurs de variété française ont fait leurs débuts, tels Barbara, Moustaki, Gainsbourg, Jean Ferrat, etc.

Lipp (6e arrondissement)

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La mythique brasserie Lipp au 151 boulevard Saint-Germain (© Histoire Parisienne)

Comme Bofinger et d’autres prestigieuses brasseries parisiennes, les fondateurs en 1880 de cet établissement germanopratin légendaire sont un couple d’Alsaciens ayant fui leur région suite à la défaite contre l’Allemagne en 1870, d’où la chope de bière en enseigne.


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